Dimanche 7 mars 2010
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En enfourchant sa neuvième campagne électorale, la tête de liste d’Europe écologie lorraine vise au moins les 15 % au soir du 1er tour.
Il n’en dort plus la nuit. Mais contrairement aux apparences, le rythme effréné de la campagne n’y est pour rien. Non, la faute est imputable à bébé, qui à 18 mois, torture consciencieusement son
sommeil. Jeune père, Daniel Béguin s’affirme en vieux routier de la politique. A 59 ans, le Mosellan collectionne les joutes électorales et ses quelques faits d’armes en font un notable du petit
théâtre lorrain.
Infatigable, il remet le couvert en jouant cette fois sa partition sans les socialistes et les communistes, à la différence de 2004. Le vice-président sortant de la Région arpente le territoire
dopé par les scores de la formation drivée par Cohn-Bendit aux Européennes (plus de 14 % dans la circonscription Est). «Après nous avoir pris longtemps pour des illuminés, la population
comprend enfin que les faits nous donnent raison», résume, à ses côtés, son vieux compagnon de route, Roger Chiajese. Daniel Béguin acquiesce en homme pressé. Antennes sorties, il fonce
sans crainte d’écorner quelques vieilles amitiés de gauche devenues brusquement un peu encombrantes. Sa hargne du moment prospère sur la polémique autour de l’abattage des arbres à Metz.
«Quelle mouche a piqué Dominique Gros ? Pourquoi une telle haine envers les arbres dans une ville qui s’affiche verte depuis si longtemps ? Il faut un moratoire», s’insurge-t-il en
reprochant à l’édile un manque criant de concertation avec la population. «Voilà une grande différence entre nous et les socialistes», étrille Béguin en décelant, là, un bon levier à
saisir.
Facture sociale
Mais pour l’heure, c’est le pays de Sarrebourg qu’il sillonne pour faire écho à sa campagne. Un territoire qu’il connaît comme sa poche pour avoir longtemps habité les murs d’une maison
bioclimatique dans la petite commune d’Hilbesheim. Désormais, il rayonne depuis Metz. «Là où se prennent les décisions politiques», justifie-t-il.
Au menu de l’après-midi : une rencontre avec les représentants du comité d’entreprise de l’usine Raffel. Le site de production d’unités réfrigérantes industrielles va mal. Sa fermeture programmée
pourrait laisser près de 80 salariés sur le carreau, d’ici fin mars. L’échange de trois quarts d’heure ne rassure guère Béguin et sa troupe : «On est au début d’un gros investissement pour
notre équipe locale d’Europe écologie».
Outre la facture sociale, une possible pollution du site l’inquiète. «La manipulation du zinc et des acides de traitement a laissé des traces dans le sol et on est à deux pas de la
Sarre», glisse-t-il à Sylvain Demoulin et Manuel Simon, respectivement maire de Vescheim (7e sur la liste en Moselle) et conseiller municipal à Sarrebourg (11e de liste). Secrétaire
départemental de Cap 21 (cofondateur du MoDem), ce dernier a «tout naturellement» rallié la candidature de «l’ami de longue date». Mais il pointe aussi «un gros
souci de démocratie et de liberté d’expression» au sein du parti bayrouiste…
La lecture d’un récent sondage inspire à Daniel Béguin ce commentaire : «Celui-ci nous place à 13 % au niveau national mais un autre, plus récent, nous donne 15 %.» Face à un PS
crédité de 27 % des voix, le patron d’Europe écologie Lorraine met un bémol au triomphalisme de naguère. S’il a un instant imaginé devancer la liste de Jean-Pierre Masseret, il préfère croire
désormais que les électeurs placeront Europe écologie à plus de 15 % en Lorraine. Sa seule certitude tient en ce pronostic : «Je reste persuadé que la Région ne repassera pas à
droite.» Foi d’un candidat… de gauche, ce soir en meeting à la salle Braun, à Metz (20 h 30).
Xavier BROUET - Républicain Lorrain 3 Mars 2010